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Chut, les huîtres vous entendent !

Actualités 03/09/2018

La nouvelle, issue d’une étude scientifique menée par des chercheurs de l’université de Bordeaux, n’a pas fait beaucoup de bruit. Pourtant, loin des inlassables articles sur les vols d’huîtres de fin d’année, la découverte aurait pu surprendre : l’huître creuse cultivée sur les côtes françaises présente des réactions à des stimuli sonores pour un large spectre de fréquences. Autrement dit : elle entend.

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L’huître en questions

Actualités 15/07/2015

L'huître en question

Un livre foisonnant qui, avec les acteurs majeurs de l’ostréiculture actuelle, dresse un panorama du métier et de ses controverses.

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Voyage au pays des huîtres creuses

Actualités 25/04/2015

Le Japon est un pays souvent paradoxal, écartelé entre tradition et modernité. Voici le retour sur une rencontre avec un chercheur du pays d’origine des huîtres creuses.

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D8 en quête d’audimat

Actualités 06/01/2015

Ou comment le magazine en quête d’actualité du mercredi 3 décembre 2014, à charge sur l’ostréiculture, vire à la démonstration d’incompétence des journalistes.

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2014, l’année de tous les records pour les pathogènes en conchyliculture

Actualités, Ecologie de l'huître, Mytiliculture, Ostréiculture 27/08/2014

Alors que l’été 2014 s’annonce comme une année record pour le captage dans plusieurs bassins, notamment à Arcachon, à Bourgneuf et en rade de Brest, un article de la Nouvelle République vient rappeler que sur le plan épidémiologique, trois pathogènes déciment actuellement les cheptels conchylicoles. Retour sur cette situation inédite.

Depuis au minimum 2008, il y a donc l’herpès virus ou plus exactement un variant des souches connues jusque là, qui s’attaque chaque année aux juvéniles de l’huître creuse. Il cause des mortalités très importantes, pouvant frôler les 100% chez cette classe d’âge dès que l’eau se réchauffe et dépasse le seuil de 16°C [1].

En 2013 et en 2014, les cheptels d’huîtres adultes ont également été touché par des mortalités importantes. Cette fois, c’est une bactérie, Vibrio esturianus, elle aussi bien connue des pathologistes, qui semble être en cause. Ces mortalités sur les huîtres adultes ne sont pas nouvelles puisqu’en 2007 se tenait déjà à Marennes-Oléron des réunions de crise sur ce sujet. Ce qui est nouveau depuis 2013, c’est la très faible résistance des huîtres triploïdes face à ces mortalités. Une faiblesse nouvelle qui laisse perplexe.

Et depuis le printemps 2014, une autre bactérie sème la panique parmi les mytiliculteurs. Il s’agit de Vibrio spendidus, un pathogène également courant en aquaculture. Cette bactérie a en effet été retrouvée par l’Ifremer associée aux mortalités fulgurantes des moules au nord de l’ïle de Ré. Malgré les hypothèses diverses sur la pollution et les conditions climatiques particulières, c’est bien là encore la perplexité qui domine sur les causes de l’émergence, avec une telle virulence, de cette bactérie.

Pour compléter ce panorama, il existe un bruit de fond de différentes observations de mortalités sur les tellines ou les coquilles saint-jacques mais avec beaucoup plus de difficultés pour en évaluer l’ampleur. Par exemple, dans l’étang de Thau, les conchyliculteur s’inquiètaient, fin juin, des mortalités importantes sur les moules, les huîtres mais aussi les palourdes selon le Marin.

Une telle situation, avec trois épizooties en cours dans le milieu naturel, épizooties qui touchent de larges pans de l’activité conchylicole, est complètement inédite pour la conchyliculture française. Les mortalités des stocks adultes constituent une véritable menace pour la pérennité des entreprises, bien plus grave que les mortalités des juvéniles qu’elles ont su compenser.

Face à la détresse des professionnels du secteur, combien d’épizooties faudra-t-il encore pour que les conditions d’émergence de ces pathogènes soient clarifiées ?

[1Petton, B. ; Pernet, F. ; Robert, R. & Boudry, P. Temperature influence on pathogen transmission and subsequent mortalities in juvenile Pacific oysters Crassostrea gigas Aquaculture Environment Interactions, 2013, 3, 257-273

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Xynthia, de gros dégâts pour une petite tempête

Actualités, Ostréiculture 24/03/2013

La tempête Xynthia qui a balayée les côtes atlantiques françaises dans la nuit du 27 au 28 février 2010 n’avait rien d’exceptionnel par sa force. Pourtant, elle laisse un souvenir amère dans les communes dévastées par la montée des eaux : explications.

Pendant Xynthia, les vents enregistrés (160 km/h au phare des Baleine, sur l’île de Ré, 133 hm/h à La Rochelle) n’ont eut que peu d’effets directs. Les dégats ont été surtout provoqués par la forte montée des eaux. Cette montée des eaux provient, comme nous allons le voir, de la conjonction de différents phénomènes physiques assez courants.

Rue du bois vert, Fouras (France) après le passage de la tempête Xynthia, par Julien.prineau (Travail Personnel) [Domaine publique], via Wikimedia Commons

Tout d’abord les dépressions provoquent toujours un phénomène de surcôte dû à la faible pression atmosphérique qui, en quelque sorte, facilite la montée des eaux.

Ensuite, le passage de la tempête a coïncidé quasiment parfaitement avec la haute mer. Regardez cette illustration du phénomène réalisée par l’Ifremer. D’autres part le coefficient de marée était de 102 ce matin là, soit une hauteur d’eau attendue de 6m49 au marégraphe de La Pallice. Mais la hauteur d’eau atteinte fût tout de même de 8m01 à ce même marégraphe, soit une surcôte de 1m53 qui ne peut s’expliquer uniquement par la faible pression atmosphérique.

C’est là que les choses se compliquent car d’après les chercheurs de l’université de La Rochelle qui ont analysé le phénomène, le champ de vent de sud-ouest, perpendiculaire à la côte, a également créé un bourrelet d’eau le long du littoral. C’est la surcôte due au vent. Par ailleurs, la mer était fortement agité lors de la tempête et des vagues sont venues s’ajouter aux autres phénomènes, ce qui a augmenté encore un peu plus la hauteur de la marée. C’est la surcôte due aux vagues.

Pour résumer, c’est la conjonction de quatre phénomènes qui a provoqué la surcôte :

  • une tempête de faible pression (autour de 980hPa) ;
  • un fort coefficient de marée (102) ;
  • des vents perpendiculaires à la côtes ;
  • une concomitance entre le passage de la tempête et la haute mer. On peut remarquer que l’ensemble de ces phénomènes, prit séparément ne sont pas rares, pour Xynthia c’est bien la concomitance de tous ces éléments qui crée un événement unique sur plus de 100 ans de recul.

Référence :
Cet article est fortement inspiré de l’article scientifique, Caractérisation des niveaux marins et modélisations des surcôtes pendant la tempête Xynthia par Lucia Pineau-Guillou, Cyril Lathuilière, Rudy Magne, Stéphanie Louazel, David Corman et Céline Perherin

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Un modèle pour mieux comprendre la croissance et la reproduction des huîtres

Actualités, Ecologie de l'huître 14/02/2006

L’Ifremer a lancé en 2004 un projet qui consiste à mettre au point un modèle de croissance et de reproduction de l’huître creuse, Crassostrea gigas quelque soit le lieu de culture. Voici quelques précisions sur ce projet.

Comment cela fonctionne-t-il ?

Le modèle utilisé a été conçu par un chercheur hollandais, S.A.L.M. Kooijman, sur la base de son travail depuis 1986 et publié en 2000 [1. Dynamic energy and mass budgets in biological systems. Kooijman. S.A.L.M. 2000. Cambridge University Press, Cambridge, 424 p.]. Ce modèle, communément appelé DEB (bilan dynamique d’énergie : Dynamic Energy Budget) décrit la distribution de l’énergie au sein des organismes pluricellulaires à travers les principales fonctions physiologiques de l’animal : nutrition, stockage de l’énergie, croissance et reproduction. Pour fonctionner, le modèle DEB doit être paramétré suivant l’animal en question. Ce paramétrage qui s’effectue par diverses expériences en laboratoire est actuellement en grandes parties terminé pour l’huître creuse.

Que faut-il connaître pour reproduire la croissance des huîtres ?

Représentation schématique de l'allocation énergétique dans un modèle DEB

Représentation schématique de l’allocation énergétique dans un modèle DEB

Pour obtenir des simulations, il est nécessaire de connaître la quantité de nourriture disponible – le phytoplancton pour l’huître – ainsi que la température de l’eau qui va accélérer ou ralentir les réactions à l’œuvre pour la construction des cellules d’un poïkilotherme [2. Organisme qui ne régule pas sa température interne, comme l’huître]. Une fois ces deux variables connues, le modèle va donner le poids de chair sec des huîtres. Le poids total est très difficilement estimable car il dépend, en plus de la vitesse de formation de la coquille, de la vitesse d’usure de celle-ci qui varie d’un endroit à l’autre et selon les pratiques de culture.

État des connaissances en 2006

Exemple de simulation de la croissance (en bleu) comparé aux données (en rouge) grâce au modèle DEB

Exemple de simulation de la croissance (en bleu) comparé aux données (en rouge) grâce au modèle DEB

Le modèle est actuellement en phase de validation, c’est à dire que les résultats de croissance des huîtres du modèle sont confrontés à des données réelles de culture sur le terrain (voir l’illustration). Le modèle a ainsi été testé dans des milieux simples : des bassins de laboratoire, une claire ostréicole et dans la lagune de Thau [3. Pouvreau, S. ; Bourlès, Y. ; Lefebvre, S. & Alumno-Bruscia, M. Application of a dynamic energy budget model to the Pacific oyster, Crassostrea gigas, reared under various environmental conditions Journal of Sea Research, 2006, 56, 156-167]. Les résultats du modèle concordent bien aux données de terrain à condition de régler la réponse du modèle. C’est cette étape artificielle de paramétrage qui doit être supprimée. Pour cela, les chercheurs doivent mieux comprendre quelles sont les espèces de phytoplancton qui constituent la nourriture de l’huître [4. Application d’un modèle DEB de croissance et de reproduction de l’huître creuse, Crassostrea gigas, dans le bassin d’Arcachon : identification des sources de nourriture potentielles. Bernard, 2006. Rapport de stage de master 1.].

Quelles sont les perspectives de ces recherches ?

Les applications potentielles d’un tel modèle sont nombreuses. A terme, le modèle doit pouvoir mieux expliquer les années de mauvaise pousse, permettre de quantifier l’effort de reproduction des huîtres et donner une idée de la date de ponte. Il peut aussi servir à mettre en évidence des baisses de croissance qui ne sont pas dues au manque de nourriture.

Il s’agit d’un outil puissant pour l’étude de l’huître au sein de son environnement et pour la compréhension des phénomènes qui y sont à l’œuvre. C’est un élément essentiel de la réponse scientifique pour améliorer la gestion de l’écosystème conchylicole.

Pour en savoir plus :

le site du modèle DEB (en anglais)

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