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Méthodes d’obtention des huîtres triploïdes

Ecologie de l'huître 26/11/2011

Deux méthodes existent pour obtenir des huîtres triploïdes.

Méthode par blocage de la méiose

Historiquement, ce fût la méthode employée pour la création des premières huîtres triploïdes mais elle rassemble beaucoup de désavantages.

Cette méthode consiste à bloquer une des deux phases de division chromatique de la méiose. Rappelons pour mémoire que la méiose est le processus qui permet, à partir d’une cellule souche à 2n chromosomes, d’obtenir quatre gamètes à n chromosomes. Il y a donc deux phases de division dans la méiose : la première qui sépare les doublets chromosomiques à la manière d’une mitose et la seconde qui sépare aléatoirement les paires de chromosomes.

En supprimant une de ces deux phases, on obtient un gamète à 2n chromosomes. Reproduit avec un gamète haploïde, c’est à dire un gamète à n chromosomes non modifié, on obtient une huîtres triploïde à 3n chromosomes. Notons que les scientifiques ont observé que le blocage de la seconde phase de la méiose permettait d’obtenir des taux de mortalité inférieur à ceux obtenus lors du blocage de la première phase de méiose.

L’inhibition d’une phase de la méiose peut être obtenu par choc chimique en utilisant du cytochalasin B (CB) ou par choc physique (thermique par exemple). Les expériences montrent que c’est toujours, le choc chimique qui minimise le taux de mortalité et ceci malgré la forte toxicité de l’agent employé.

Ce point est d’ailleurs la principale pierre d’achoppement de cette méthode puisque des problèmes de santé publics et de dangerosité pour l’opérateur en limite l’emploie. De plus, les taux de mortalités sont souvent conséquents, ce qui a, ajouté à la difficulté et au coût de mise en œuvre de cette technique, considérablement ralentie la commercialisation de larves triploïdes ainsi créées.

Méthode de croisement tétraploïdes – diploïdes

Cette seconde méthode fût brevetée en 1996 aux Etats-Unis mais une bataille juridique permis à l’Ifremer d’obtenir le Brevet pour la France. L’obtention d’huîtres tétraploïdes fût réussit par croisement d’un ovule de triploïde dont on bloqua la division chromosomique (3n donc) avec du sperme d’huîtres diploïdes (n). Les huîtres obtenues peuvent alors fournir des secondes générations de tétraploïdes qui n’ont pas subit de manipulations chimiques. Cette méthode d’obtention d’huîtres tétraploïdes a été appliquée avec succès sur les huîtres perlières, Pinctada martensi.

Le croisement de ces tétraploïdes avec des diploïdes permet la naissance de larves triploïdes, sans mortalité, de qualité uniforme et complètement stériles. En outre, une fois les tétraploïdes obtenues, l’opération de création des larves triploïdes est simple et sans manipulation chimique. Cette méthode est maintenant prédominante et les scientifiques étudient les méthodes de culture de tétraploïdes afin d’en obtenir des lignées sélectionnées pour certaines qualités. Ces « super-tétraploïdes » ont en effet une grande valeur commerciale pour les écloseries.

Vente du naissain de triploïdes

La vente d’huîtres triploïdes est effectuée en France par des écloseries privées : Retour ligne manuel
- SatmarRetour ligne manuel
- Vendée Naissain Retour ligne manuel
- GrainocéanRetour ligne manuel
- France Turbot

Sources : Retour ligne manuel
-  « Savoir et comprendre avant de diaboliser », les nouvelles de l’Ifremer n°16 de juin 2000.Retour ligne manuel
-  Farming triploid oyster, John A. Nell in Aquaculture 210 (2002) p 69-88Retour ligne manuel
-  La passion des huîtres et des moules, Christian Vidal, p 73-75

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Comment choisir ses huîtres ?

Acheter des huîtres 27/07/2011

Il n’est bien souvent pas facile de s’y retrouver parmi la jungle des différentes appellations pour les huîtres. Voici un petit tour d’horizon pour y voir plus clair.

Les numéros : Ce sont des chiffres de 6 à 0 qui définissent la taille de l’huître. Plus le numéro est petit plus l’huître sera grosse. La taille moyenne la plus courante est le 4 ou le 3. Les plus grosses huîtres sont du triple 0. Il en existe très peu et elles ne sont pas commercialisées. Ce sont des huîtres sauvages. Si vous préférez les petites, vous choisirez donc plutôt des 5 ou des 6.

Les vertes : Ce sont des huîtres qui présentent une couleur verte du à l’ingestion de navicule bleue mais ne changeant pas le goût. Cette couleur témoigne toutefois avec certitude d’un séjour en claire.

La spéciale de claire : Elle a réalisé un séjour en claire de l’ordre de deux mois. Elle est plus ronde et a un volume de chaire plus important. Elle peut être verte ou blanche.

Les fines de claires : Ce sont des huîtres ayant subit un passage en claire d’au moins un mois, ce qui leur donne un goût plus prononcé, plus de chair et une coquille plus belle.

Les fines de claires, label rouge : Il s’agit de fines de claires aux conditions d’élevage encore plus strictes. Elle sont vertes, de forme ronde et coffrée. Elles ont été affinées en claire pendant au moins un mois à faible densité. C’est le premier produit de la mer labellisé.

L’huître des quatre saisons  : Il s’agit de l’appellation commerciale des huîtres triploïdes. Elles ont la particularité d’être plus grasse que les autres et ce en n’importe quelle saison puisqu’elles sont stériles.

La pousse en claire : Ce sont des huîtres qui subissent un séjour en claire long (4 à 8 mois) et à très faible densité (2-5 au mètre carré). La chaire en est très ferme et le goût puissant. Cette huître est très peu commercialisée puisque bien souvent, au vu des petites quantités produites de façon quasi accidentelle, les ostréiculteurs les gardent pour eux et leur entourage.

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La conservation des huîtres

Acheter des huîtres 27/07/2011

La première chose à signaler dans ce domaine ce sont les grandes différences de conservation parmi les régions d’origine. On ne peut donc pas dire de but en blanc que les huîtres se conservent tel nombre de jours puisque ce n’est (heureusement) pas un produit standardisé. En général, les huîtres qui ne subissent pas l’influence des marées (Méditerranée) se conservent moins longtemps que les autres puisqu’elles n’ont pas l’habitude de rester hors de l’eau. Dans de bonnes conditions, les huîtres peuvent se garder plus d’une semaine.

Vous êtes après le repas de noël et vous vous demandez si vous pouvez manger les huîtres qu’il reste du réveillon. Voici quelques conseils de conservation des huîtres :

  • Les conserver bien à plat (côté plat au-dessus) pour qu’elles ne perdent pas l’eau lorsque les huîtres s’ouvrent pour filtrer de l’eau comme si elles étaient toujours immergées.
  • Les conserver au frais (quelques degrés au-dessus de zéro), par exemple dans le frigo ou sur le bord de la fenêtre en hivers.
  • Pour accroître encore leur durée de conservation, on peut aussi mettre une serviette humide sur le panier et un poids par dessus, toujours dans le but d’empêcher l’ouverture inopinée des huîtres. Si vous les acheter en bourriche, conserver celle-ci scellée jusqu’au moment de les manger.

Ne consommez pas les huîtres si elles ne sont pas vivantes, c’est à dire si elles ne se referment pas au toucher de la coquille ou si le bord du manteau ne réagit pas au touché du couteau.

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La naissance de l’ostréiculture en France

Histoire de l'ostréiculture 06/07/2011

Le développement de l’ostréiculture en France eu lieu en France dans des conditions particulières.

La menace de pénurie d’huîtres

 

Naissain d'huîtres plates

Cette gravure de Victor Coste montre les diverses étapes du développement des huîtres plates. A cette époque seules celles-ci existent sur les côtes françaises.

Depuis les romains chez lesquels elle est hautement considérée, l’huître n’a pas perdu sa réputation. Avec la renaissance, sa renommée va encore s’accroître. La facilité de son exploitation va très tôt en faire un produit menacé. Et ceci se comprend car on l’exploite de toutes les manières possibles : à la drague, au râteau, à pied … Les huîtres ramassés sur les bancs naturels sont simplement vendues directement ou parfois stockées dans des claires pour faire face aux variations de la demande et les rendre meilleure.

Au XVIIe siècle, les bancs sont considérés comme inépuisables comme le montre l’ordonnance de R.J. Valin de 1681. C’est ainsi que dès la seconde moitié du XVIIIe les réglementations s’accumulent : interdiction totale de pêche, limitation des moyens ou limitation dans le temps. Mais si ces règlements permettent d’empêcher la disparition des huîtres, ils ne permettent pas aux bancs naturels de se reconstituer durablement. La situation va véritablement devenir préoccupante lorsqu’au XIXe siècle le commerce de l’huître, grâce au chemin de fer, connaît un essor spectaculaire. Les huîtres, en vogue à l’époque dans la haute société (déjeuners d’huîtres), finissent par se faire rares et la pénurie menace certaines régions. Il devient peu à peu évident que ce type d’exploitation des bancs naturels ne peut se perpétuer indéfiniment.

L’inspiration étrangère

Fagots collecteurs de naissain d’huître plate. Il s’agit des installations du lac de Fusaro, en Italie, qui inspirèrent Victor Coste pour ses propres essais.

C’est à la suite d’un rapport alarmiste du ministère de l’agriculture et du commerce que Napoléon III nomma V. Coste à la tête des recherches sur l’huître. La solution résidait pour Coste qui avait déjà effectué des recherches en pisciculture, sur le contrôle de bout en bout du cycle d’élevage de l’huître et notamment de son captage. Il partit donc pour l’Italie où se perpétuait la culture de bancs artificiels d’huîtres dans le lac Fusaro. Ce voyage lui permit de passer en revue en France et en Italie les méthodes d’élevage des huîtres et des moules. Coste observa au lac Fusaro avec intérêt les fagots qui servaient à capter le naissain d’huîtres. Pour Coste, ces observations constituent une première approche expérimentale du captage des larves d’huîtres que viennent étayer ses connaissances de la biologie de la reproduction des huîtres. Toutes ces observations seront minutieusement rapportées et publiées en 1855 avec la première édition de “Voyage d’exploration sur le littoral de la France et de L’Italie”. Un appendice y sera ensuite ajouté où Coste décrit divers “appareils propres à recueillir le naissain des huîtres”.

Voici comment Victor Coste y décrit ce que nous appelons aujourd’hui les collecteurs : “Les jeunes huîtres, en abandonnant les valves de la mère, errent çà et là au sein des eaux, et semblent y chercher des conditions propres à faciliter leur adhérence et leur développement ultérieur, c’est à dire des corps solides, offrant des surfaces légèrement rugueuse et à l’abri de l’envahissement des vases.”.

Les premiers essais

Ferdinand De Bon

Plancher collecteur de Ferdinand de Bon

Plancher collecteur de Ferdinand de Bon : ce plancher décrit par Victor Coste fût imaginé par F. de Bon pour recueillir le naissain d’huître plate.

Ferdinand de Bon, chef de service de la marine à Saint-Servan, fait figure de précurseur lorsqu’en 1853 il tenta de repeupler les bancs de Saint-Servan. Sa méthode de captage est différente : il fait poser un plancher à 15cm du sol constitué d’éléments séparés et destiné à permettre la fixation des larves. Coste a visité ses installations et le félicitera pour l’avance de ce projet sur son temps. On peut retrouver les croquis des installations de De Bon dans l’appendice sur les collecteurs du livre de Coste.

Victor Coste

Victor Coste va les années suivantes beaucoup s’impliquer dans le développement de ce qui sera appelé plus tard l’ostréiculture. Pour lui il est urgent de repeupler les bancs naturels généralement dévastés par les dragues. Il finira par en convaincre l’empereur qui lui donnera d’importants moyens. En 1858, l’expérience débute dans la baie de Saint Brieuc, baie dont le peuplement d’huître a particulièrement été mis à mal. La méthode de repeuplement de Coste est la suivante : il délimite de nouveaux bancs artificiels, encore vierges d’huîtres, qu’il recouvre de coquilles sèches. Ces squelettes de bancs sont complétés par des fagots de branchage mis en suspension dans l’eau et destinés à la récolte du naissain. Les huîtres, elles, sont importées de Cancale et de Tréguier par deux navires : l’Ariel et l’Antilope puis semées sur les bancs. L’expérience est réussie : six mois plus tard des quantités impressionnantes de petites huîtres sont observées sur les fagots.

Les débuts ne furent pourtant pas aussi simples. Coste qui voulait repeupler l’ensemble des côtes françaises, se heurta lorsqu’il étendit son expérience les années suivantes à d’autres régions, aux aléas climatiques ou même au pillage des installations.

Jean Michelet

Cet état des lieux des pionniers de l’ostréiculture ne saurait être complet sans mentionner la trouvaille fort utile d’un maçon arcachonnais, Jean Michelet en 1865. Il propose en effet d récolter le naissain d’huîtres grâce à une tuile chaulée. Cette amélioration permet de récolter les huîtres plus facilement et fut un déclencheur de l’ostréiculture arcachonnaise.
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Le développement d’une industrie ostréicole

L’essentiel était donc fait et peu à peu, sous les efforts redoublés de Coste et de nombreux pêcheurs locaux, les techniques s’affinent et les demandes de concession se multiplient. En 1860 on dénombre 2000 parcs sur l’île de Ré ainsi que 112 concessionnaires pour 400 ha à Arcachon. Même si ces exploitations arcachonnaises péricliteront, on y retrouvera tout de même 287 parcs en activité en 1866 puis 4015 en 1887.

Détrocage des huîtres au début du 20ème siècle

Détrocage des huîtres au début du 20ème siècle dans les établissements Baudrier et Tricart, un ancien établissement ostréicole de Marennes-Oléron.

L’ostréiculture pu se développer sur ces bases et être une source de revenu solide pour les populations côtières. L’industrie naissante fut stimulée par l’arrivée de la portugaise vers 1870 qui gagna d’abord le bassin d’Arcachon puis remonta jusqu’en Vendée mais s’arrêta aux portes de la Bretagne. Ainsi naquit l’industrie ostréicole. Cette évolution présente un des premier processus où l’homme fut contraint de changer ses méthodes d’exploitation d’une espèce afin de la préserver. On y voit un exemple de transition d’une gestion par le sabordage des ressources vers l’exploitation durable de cette ressource. Toutes ces adaptations finirent, en 1877, par faire entrer le terme ostréiculture dans le dictionnaire de Littré.

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Les épizooties historiques de l’huître en France

Histoire de l'ostréiculture, Ostréiculture 06/07/2011

La culture de l’huître en France fût marquée par différentes crises de mortalité qui poussèrent les ostréiculteurs à modifier plusieurs fois l’espèce d’huître cultivée.

L’épizootie de 1920 sur l’huître plate

Ce premier épisode de mortalité commença au cours de l’été 1920, ces mortalités touchèrent les côtes de France de Hollande et d’Angleterre ([1. Dollfus Robert Ph. (1921). Résumé de nos principales connaissances pratiques sur les maladies et les ennemis de l’huître. Notes et mémoires, 7, 51 p.]). La maladie se traduisait par une difficulté pour les huîtres à se fermer. Dollfus note également que les huîtres qui n’avait poussé qu’en claire n’ont pas été touchées.

D’après Michel Grelon ([2. M. Grelon (1978). Saintonge Pays des huîtres vertes. Ed. Rupella. 364 p.]), la crève dépassait souvent le taux de 90%. C’est cette première épizootie qui marqua le début du déclin de la production d’huîtres plates au profit de la portugaise.

L’épizootie de 1970 – 1973 sur l’huître portugaise

L’huître portugaise, Crassostrea Angulata, cultivée sur les côtes françaises à cette époque, déjà affaiblie par la maladie des branchies devait connaître une nouvelle attaque en août 1970. C’est dans le bassin de Marennes-Oléron que se déclencha cette nouvelle épizootie, qui attaqua tout d’abord les huîtres adultes puis un peu plus tard les huîtres de un an et enfin le naissain. En trois ans l’huître portugaise fut quasiment éradiquée des côtes françaises : on dénombra jusqu’à 90% de mortalité dans les parcs dès novembre 1970. Parallèlement, on s’aperçut que l’huître japonaise Crassostrea Gigas, introduite en 1966 par des ostréiculteurs novateurs, mais non sans âpres discussions et polémiques, était résistante à cette nouvelle maladie. Cette espèce avait pourtant trouvée le succès parmi les ostréiculteurs puisque les importations étaient passées de 800 kg en 1967 à 62 tonnes en 1969. Les ostréiculteurs ne voulaient pourtant pas devenir dépendants de l’importation d’huîtres étrangères tant la véritable richesse du bassin résidait dans le naissain qu’il fournissait.

L’état de crise était déclenché pour le bassin de Marennes-Oléron dont le sort se jouait là. Le 25 avril 1971 eut lieu à la Tremblade une réunion extraordinaire où l’on décida d’importer de grandes quantités de Gigas en vue du repeuplement du bassin. Aussitôt dit, aussitôt fait, des huîtres mères en provenance du Canada furent acheminées par avion et mises à l’eau avant l’été dans le but de réensemencer le bassin avec du nouveau naissain.

Au début de l’été de nombreuses larves furent repérées. L’effort de réensemencement fut poursuivi les années suivantes mais cette opération “Résur” fut un succès sur toute la ligne. L’huître japonaise, en devenant l’huître creuse, se substitua à la portugaise en promettant d’autres années heureuses pour les ostréiculteurs du bassin de Marennes-Oléron.

Les épizooties de 1968 – 1979 sur l’huître plate

Pour la production de l’huître plate, le coup de grâce viendra de deux parasites nommés Marteilla et Bonamia du nom de leurs découvreurs.

Lien entre production et épizooties

Évolution de la production d’huîtres en France en lien avec les épizooties.

Évolution de la production d’huîtres en France en lien avec les épizooties.

Au final, comme le montre ce graphique, c’est l’ensemble de la production française qui fluctue au grès des épizooties. Ceci se traduit par le passage de l’élevage d’une espèce à l’autre au fil de ces aléas, avec par ordre de dominance, tout d’abord l’huître plate Ostrea edulis puis l’huître portugaise, Crassostrea angulata et maintenant l’huître japonaise, Crassostrea gigas.

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Ostréiculteur, un métier en phase avec le milieu

Ostréiculture 06/07/2011

Cet article donne un petit aperçu du métier d’ostréiculteur, un métier que l’on peut qualifier sans se tromper de métier au grand air ! Pour les plus déterminés, une série de liens sur la formation nécessaire au métier d’ostréiculteur clos cette présentation.

Un métier pas comme les autres

Le beau temps n’est pas toujours de la partie, comme lors de cette photo, prise en été près d'Oléron

Le beau temps n’est pas toujours de la partie, comme lors de cette photo, prise en été près d’Oléron (© Ostrea.org)

Pour tout ce qui est du travail en mer, les ostréiculteurs sont à la merci des caprices climatiques. Même si cette photo a été prise début juillet 2003 (si, si), on est loin des clichés qui font parfois passer l’ostréiculture pour un travail de plein air agréable. En effet, l’ostréiculteur établi souvent son emploi du temps en fonction du dernier bulletin de météo marine. C’est donc un homme au plus proche du milieu marin, tributaire des aléas de la météo.

La marée limite fortement le temps de travail sur les parcs, il ne faut pas avoir peur de travailler dans l’eau.

La marée limite fortement le temps de travail sur les parcs, il ne faut pas avoir peur de travailler dans l’eau (© Ostrea.org).

 

 

L’autre composante essentielle du rythme ostréicole c’est les marées. Elles seules permettent l’exploitation des concessions maritimes. L’ostréiculteur est donc obligé de suivre leur rythme ce qui donne un emploi du temps chaque jour différent. Il travaille à l’établissement dans les périodes de mortes-eaux (coefficients de marée trop faible) et se rend sur les parcs à huîtres pendant les périodes de vives-eaux (malines). Il ne peut alors travailler sur les parcs que quelques heures (avant et après la basse mer) si la baissance est assez forte. Certains travaillent aussi avec les marées de nuit, souvent en plus des marées de jour. Voilà pourquoi l’annuaire des marées est un des outils les plus précieux de l’ostréiculteur.

Pour mieux comprendre le mécanisme des marées vous pouvez visiter la page sur les marées.

Un métier en rythme avec les saisons

Contrairement aux idées reçues, l’ostréiculture est un métier qui se poursuit tout au long de l’année.

Voici quelques éléments sur les différentes activités de l’ostréiculteur au cours d’une année pour une méthode d’élevage traditionnelle, c’est à dire avec détroquage. Il existe maintenant d’autres techniques avec l’exploitation des grattis ou à partir d’huîtres achetées en écloseries, une à une.

Janvier – Mars : la préparation
C’est le détroquage des huîtres et la mise en poche pour finir la pousse avant la vente en automne. Les huîtres mises en poches proviennent des parcs à plats ou directement des collecteurs.

Avril – Mai : dédoubler les collecteurs
C’est donner plus d’espace aux collecteurs d’un an pour faciliter la croissance des petites huîtres.

Juin : Descendre les poches
Dans le bassin de Marennes-Oléron, les poches d’huîtres sont transférées dans des parcs meilleurs (plus bas) après la fin du captage des moules. Sans cela, les installations ostréicoles seraient recouvertes de moules.

Juillet – Août : Mise en place des collecteurs
Pour le captage des petites huîtres, des collecteurs sont mis à l’eau en vives-eaux. Il faut également continuer à s’occuper des autres huîtres en élevage (18 mois et futures huîtres marchandes).

Septembre : Tourner les poches
Pour harmoniser la croissance des huîtres, les poches plastiques d’huîtres sont retournées fréquemment. Sans cela, les huîtres se prennent dans les mailles plastiques ou poussent tout en longueur.

Octobre – Décembre : La vente
Les huîtres sont calibrées avec précision, stockées en claires, emballées puis expédiées pendant les fêtes pour la plupart. En décembre, pendant les fêtes de fin d’année, on estime que près de 75% des ventes sont réalisées.

Les expérimentations en eau profonde à Marennes-Oléron

La culture en eau profonde a, à première vue, beaucoup d’attraits, notamment par le rendement. Toutefois, à l’expérimentation, elle révèle aussi de nombreux défauts. Les premiers résultent d’une mauvaise connaissance des fonds marins. De forts courants ou des dépôts de vases peuvent apparaître après semis. Les pertes sont alors énormes.
Le second lot de défauts vient de l’inaptitude de C. gigas à être élevée en eau profonde. Inaptitude marquée par l’apparition de chambres et le développement d’un vers, le Polydora, qui perce des galeries dans la coquille de l’huître. La qualité des huîtres est alors considérablement altérée. S’il est possible de produire des huîtres d’eau profonde en assez grande quantité, leur qualité reste donc en deçà des cultures plus traditionnelles.

La formation

Si le bref aperçu fait ici du métier d’ostréiculteur vous tente ou si c’est votre rêve depuis tout petit, voici quelques liens pour trouver une école qui vous prépare à ce métier. En effet, aujourd’hui un diplôme est obligatoire pour pouvoir se mettre à son compte dans l’ostréiculture. Toutefois, il est possible de suivre une formation alternée lorsqu’on possède déjà de l’expérience.

Voici quelques liens vers des lycées qui assurent ces formations dans différentes régions :

Il faut aussi rappeler que les nombreuses particularités de ce métier le rendent difficile à exercer pour les personnes qui ne connaissent pas ce milieu. Bien souvent ce sont en effet des fils d’ostréiculteurs ou des employés ostréicoles qui reprennent les entreprises.

Pour aller plus loin, je vous propose également :

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Un modèle pour mieux comprendre la croissance et la reproduction des huîtres

Actualités, Ecologie de l'huître 14/02/2006

L’Ifremer a lancé en 2004 un projet qui consiste à mettre au point un modèle de croissance et de reproduction de l’huître creuse, Crassostrea gigas quelque soit le lieu de culture. Voici quelques précisions sur ce projet.

Comment cela fonctionne-t-il ?

Le modèle utilisé a été conçu par un chercheur hollandais, S.A.L.M. Kooijman, sur la base de son travail depuis 1986 et publié en 2000 [1. Dynamic energy and mass budgets in biological systems. Kooijman. S.A.L.M. 2000. Cambridge University Press, Cambridge, 424 p.]. Ce modèle, communément appelé DEB (bilan dynamique d’énergie : Dynamic Energy Budget) décrit la distribution de l’énergie au sein des organismes pluricellulaires à travers les principales fonctions physiologiques de l’animal : nutrition, stockage de l’énergie, croissance et reproduction. Pour fonctionner, le modèle DEB doit être paramétré suivant l’animal en question. Ce paramétrage qui s’effectue par diverses expériences en laboratoire est actuellement en grandes parties terminé pour l’huître creuse.

Que faut-il connaître pour reproduire la croissance des huîtres ?

Représentation schématique de l'allocation énergétique dans un modèle DEB

Représentation schématique de l’allocation énergétique dans un modèle DEB

Pour obtenir des simulations, il est nécessaire de connaître la quantité de nourriture disponible – le phytoplancton pour l’huître – ainsi que la température de l’eau qui va accélérer ou ralentir les réactions à l’œuvre pour la construction des cellules d’un poïkilotherme [2. Organisme qui ne régule pas sa température interne, comme l’huître]. Une fois ces deux variables connues, le modèle va donner le poids de chair sec des huîtres. Le poids total est très difficilement estimable car il dépend, en plus de la vitesse de formation de la coquille, de la vitesse d’usure de celle-ci qui varie d’un endroit à l’autre et selon les pratiques de culture.

État des connaissances en 2006

Exemple de simulation de la croissance (en bleu) comparé aux données (en rouge) grâce au modèle DEB

Exemple de simulation de la croissance (en bleu) comparé aux données (en rouge) grâce au modèle DEB

Le modèle est actuellement en phase de validation, c’est à dire que les résultats de croissance des huîtres du modèle sont confrontés à des données réelles de culture sur le terrain (voir l’illustration). Le modèle a ainsi été testé dans des milieux simples : des bassins de laboratoire, une claire ostréicole et dans la lagune de Thau [3. Pouvreau, S. ; Bourlès, Y. ; Lefebvre, S. & Alumno-Bruscia, M. Application of a dynamic energy budget model to the Pacific oyster, Crassostrea gigas, reared under various environmental conditions Journal of Sea Research, 2006, 56, 156-167]. Les résultats du modèle concordent bien aux données de terrain à condition de régler la réponse du modèle. C’est cette étape artificielle de paramétrage qui doit être supprimée. Pour cela, les chercheurs doivent mieux comprendre quelles sont les espèces de phytoplancton qui constituent la nourriture de l’huître [4. Application d’un modèle DEB de croissance et de reproduction de l’huître creuse, Crassostrea gigas, dans le bassin d’Arcachon : identification des sources de nourriture potentielles. Bernard, 2006. Rapport de stage de master 1.].

Quelles sont les perspectives de ces recherches ?

Les applications potentielles d’un tel modèle sont nombreuses. A terme, le modèle doit pouvoir mieux expliquer les années de mauvaise pousse, permettre de quantifier l’effort de reproduction des huîtres et donner une idée de la date de ponte. Il peut aussi servir à mettre en évidence des baisses de croissance qui ne sont pas dues au manque de nourriture.

Il s’agit d’un outil puissant pour l’étude de l’huître au sein de son environnement et pour la compréhension des phénomènes qui y sont à l’œuvre. C’est un élément essentiel de la réponse scientifique pour améliorer la gestion de l’écosystème conchylicole.

Pour en savoir plus :

le site du modèle DEB (en anglais)

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