Bienvenue visiteur! [ S’enregistrer | Se connecter

L’huître en questions

Actualités 15/07/2015

L'huître en question

Un livre foisonnant qui, avec les acteurs majeurs de l’ostréiculture actuelle, dresse un panorama du métier et de ses controverses.

L'huître en question

Ce n’est pas mon habitude de parler ici de livres sur les huîtres tant ils se ressemblent tous. Voici pourtant un livre qui, je pense, fera date pour l’ostréiculture.

L’ostréiculture est actuellement à la croisée des chemins et ce livre, à travers les interviews des passionnés de l’huître, ostréiculteurs comme chercheurs ou restaurateurs, nous dresse un panorama de la complexité de ce petit monde et des visions qui s’y affrontent.

Sommeaire du livre "L'huître en question"

Comme le sommaire vous le révèle, la lecture passionnera les gens du métier mais aussi tous ceux qui ont envie de mieux comprendre ce qui se joue actuellement dans l’ostréiculture. Car au fil des pages et des interviews, il devient évident que le débat qui se joue ici dépasse largement la question de l’huître pour mettre en question notre rapport à l’environnement, au travail ou à la science.

Pour l’ostréiculture, ce livre est, je l’espère, une opportunité pour dépassionner les débats et approfondir les questions cruciales pour cette activité.

Vous l’aurez compris, je recommande chaudement la lecture de cet ouvrage qui ne vous laissera pas indifférent…

L’huître en question, Catherine Flohic – Paru le 18 juin 2015 – 29€90 – Les ateliers d’Argol

14443 vues totales, 18 aujourd’hui

Présentation des huîtres triploïdes

Biologie de l'huître 06/07/2015

On en parle peu et pourtant elles sont là. Il est temps de faire le point sur ce nouvel ovni de la consommation. Le cas des huîtres triploïdes est représentatif des interrogations qui entourent ces nouveaux produits de consommation, entre refus viscéral et accueil silencieux.

La genèse du projet

Les huîtres triploïdes françaises sont en grande partie le fruit du travail du laboratoire de L’Ifremer de La Tremblade (Laboratoire de recherches génétiques et de pathologie). Un de leur objectif est en effet d’améliorer les souches d’huîtres françaises. Ils ont aussi pour but de trouver des souches d’huîtres résistantes aux maladies et ceci les a conduit à travailler sur le génome des huîtres. C’est en 1989 que débutent les recherches sur les huîtres triploïdes à l’occasion d’un contrat plan Etat-Région et en partenariat avec les professionnels de la conchyliculture.

Différences entre triploïdes et diploïdes

Cette différence se met en évidence en trois points. Premièrement, d’un point de vu génétique, l’huître triploïde possède des triplets de chromosomes à la place des doublets de ses consoeurs. Le matériel génétique de l’huître se compose initialement de 10 paires de chromosomes. Chez l’huître triploïde toutes ces paires sont remplacées par des triplets, soit trente chromosomes au total.

Mais quel peut être l’avantage d’une telle manipulation ? Cette différence a pour principal effet, et c’est là le deuxième point, de rendre les huîtres triploïdes stériles. Ces huîtres stériles ne dépensent pas d’énergie pour la reproduction et grandissent donc plus vite que les autres, voir par exemple le rapport du C.R.E.A.A. sur ce sujet. En outre beaucoup d’amateurs occasionnels d’huîtres ne les apprécient pas lorsqu’elles « sont en lait », c’est à dire en pleine production des gamètes durant l’été. Le consommateur est sensé sortir gagnant en pouvant consommer des huîtres grasses toute l’année.

Le troisième point de divergence est donc leur goût plus sucré bien que la différence reste assez subjective et dépende des aléas saisonniers. Cette différence gustative provient de l’importante teneur en glycogène des huîtres triploïdes qui, n’ayant pas d’effort à fournir pour la reproduction se concentrent dans le stockage de leur énergie sous forme de ce polymère de glucose.

Sources :

  • « Savoir et comprendre avant de diaboliser », les nouvelles de l’Ifremer n°16 de juin 2000.
  • La passion des huîtres et des moules, Christian Vidal, p 73-75

Pour aller plus loin, voir l’avis du COMEPRA sur l’ostréiculture et les biotechnologies  et je vous conseille aussi la lecture de “l’huître en questions” qui donne un éclairage poussé sur l’utilisation des huîtres triploïdes dans l’ostréiculture.

 

13070 vues totales, 3 aujourd’hui

D8 en quête d’audimat

Actualités 06/01/2015

Ou comment le magazine en quête d’actualité du mercredi 3 décembre 2014, à charge sur l’ostréiculture, vire à la démonstration d’incompétence des journalistes.

Deux choses sont particulièrement odieuses avec ce reportage : les multiples erreurs des journalistes et son habillage scénaristique…

Les erreurs et imprécisions se retrouvent à tous les étages : on y parle d’huîtres mutantes pour les huîtres triploïdes, un qualificatif qui ne veut rien dire et ne sert qu’à faire peur. Autre exemple, La journaliste affirme sans rire que le captage n’est possible que dans deux bassins ostréicoles en France. Une rapide recherche sur Internet lui aurait appris que ceci n’est plus vrai depuis au moins 10 ans : l’Ifremer suit même en routine 5 sites de captage actuellement ! Mais le clou, c’est quand même quand elle parle du bassin d’Arcachon en présentant la carte de Marennes-Oléron…

Plus grave, le ton général du reportage est polémique, du style “on vous ment, nous allons rétablir la vérité”. Le lancement est déjà plus que prometteur, on nous dit ainsi que l’on n’est plus vraiment sûr de ce qu’il y a dans la coquille des huîtres… Et le scénario du reportage est à l’avenant, avec, comme épinglé par un utilisateur d’ostrea, un scénario du bon, de la brute et du truand : trois ostréiculteurs interviewés auxquels le montage fait tenir un rôle. Le but n’est pas ici d’apporter une information éclairante, il s’agit uniquement de raconter une histoire, si possible effrayante, pour le consommateur.

À ce titre, la séquence où les journalistes interviewent des acheteurs d’huîtres sur le marché en les attaquants avec la question “vous savez que vous mangez des huîtres triploïdes ?” est édifiante. Il s’agit ici de faire peur et de recueillir cet effroi devant la caméra. La recette est en effet simple et imparable : prenez un mot scientifique inconnu et dites aux gens qu’ils viennent d’en manger en sous-entendant que ça peut être grave. C’est pratique car ça marche avec tout, à l’exemple de cette dame qui veut tout de suite aller redonner les huîtres qu’elle vient d’acheter, sans d’ailleurs avoir l’air de savoir ce que veut dire triploïde.

La séquence de clôture, où on apprend que les huîtres qui sont servies dans un restaurant d’Arcachon n’ont peut être pas été élevées complètement à Arcachon sent bon le scandale fabriqué. Outre le fait que ce n’est pas une nouveauté, ça devient même un marronnier des médias, le scandale est assez limité : il n’y a pas d’appellation contraignante pour les huîtres du bassin d’Arcachon. Par contre faire passer un ostréiculteur pour un truand ne semble poser aucun cas de conscience aux journalistes.

Ces journalistes nous présentent donc en toute lumière le dévoiement de leur profession, prêts à tordre les faits pour les faire rentrer dans un scandale factice. Il ne s’agit plus là d’informer mais de polémiquer stérilement, en se moquant du fond des problèmes.

Alors un dernier conseil, si vous doutez des huîtres que vous achetez, posez la question à votre ostréiculteur ou votre poissonnier qui vous expliquera peut-être le cycle d’élevage, parfois compliqué, des huîtres mais ne vous en privez pas, d’autant plus que la qualité est exceptionnelle en cette fin d’année 2014 pour des prix stables ou en baisses !

P.S. Je ne peux pas vous fournir de lien vers ce reportage, D8 a au moins eu la décence de ne pas le proposer en replay plus d’une semaine.

1669 vues totales, 1 aujourd’hui

Méthodes d’obtention des huîtres triploïdes

Ecologie de l'huître 26/11/2011

Deux méthodes existent pour obtenir des huîtres triploïdes.

Méthode par blocage de la méiose

Historiquement, ce fût la méthode employée pour la création des premières huîtres triploïdes mais elle rassemble beaucoup de désavantages.

Cette méthode consiste à bloquer une des deux phases de division chromatique de la méiose. Rappelons pour mémoire que la méiose est le processus qui permet, à partir d’une cellule souche à 2n chromosomes, d’obtenir quatre gamètes à n chromosomes. Il y a donc deux phases de division dans la méiose : la première qui sépare les doublets chromosomiques à la manière d’une mitose et la seconde qui sépare aléatoirement les paires de chromosomes.

En supprimant une de ces deux phases, on obtient un gamète à 2n chromosomes. Reproduit avec un gamète haploïde, c’est à dire un gamète à n chromosomes non modifié, on obtient une huîtres triploïde à 3n chromosomes. Notons que les scientifiques ont observé que le blocage de la seconde phase de la méiose permettait d’obtenir des taux de mortalité inférieur à ceux obtenus lors du blocage de la première phase de méiose.

L’inhibition d’une phase de la méiose peut être obtenu par choc chimique en utilisant du cytochalasin B (CB) ou par choc physique (thermique par exemple). Les expériences montrent que c’est toujours, le choc chimique qui minimise le taux de mortalité et ceci malgré la forte toxicité de l’agent employé.

Ce point est d’ailleurs la principale pierre d’achoppement de cette méthode puisque des problèmes de santé publics et de dangerosité pour l’opérateur en limite l’emploie. De plus, les taux de mortalités sont souvent conséquents, ce qui a, ajouté à la difficulté et au coût de mise en œuvre de cette technique, considérablement ralentie la commercialisation de larves triploïdes ainsi créées.

Méthode de croisement tétraploïdes – diploïdes

Cette seconde méthode fût brevetée en 1996 aux Etats-Unis mais une bataille juridique permis à l’Ifremer d’obtenir le Brevet pour la France. L’obtention d’huîtres tétraploïdes fût réussit par croisement d’un ovule de triploïde dont on bloqua la division chromosomique (3n donc) avec du sperme d’huîtres diploïdes (n). Les huîtres obtenues peuvent alors fournir des secondes générations de tétraploïdes qui n’ont pas subit de manipulations chimiques. Cette méthode d’obtention d’huîtres tétraploïdes a été appliquée avec succès sur les huîtres perlières, Pinctada martensi.

Le croisement de ces tétraploïdes avec des diploïdes permet la naissance de larves triploïdes, sans mortalité, de qualité uniforme et complètement stériles. En outre, une fois les tétraploïdes obtenues, l’opération de création des larves triploïdes est simple et sans manipulation chimique. Cette méthode est maintenant prédominante et les scientifiques étudient les méthodes de culture de tétraploïdes afin d’en obtenir des lignées sélectionnées pour certaines qualités. Ces « super-tétraploïdes » ont en effet une grande valeur commerciale pour les écloseries.

Vente du naissain de triploïdes

La vente d’huîtres triploïdes est effectuée en France par des écloseries privées : Retour ligne manuel
- SatmarRetour ligne manuel
- Vendée Naissain Retour ligne manuel
- GrainocéanRetour ligne manuel
- France Turbot

Sources : Retour ligne manuel
-  « Savoir et comprendre avant de diaboliser », les nouvelles de l’Ifremer n°16 de juin 2000.Retour ligne manuel
-  Farming triploid oyster, John A. Nell in Aquaculture 210 (2002) p 69-88Retour ligne manuel
-  La passion des huîtres et des moules, Christian Vidal, p 73-75

3250 vues totales, 1 aujourd’hui

  • Économie de l’huître en France et dans le monde

    par on 06/07/2015 - 4 Commentaires

    Peu médiatisé, le secteur ostréicole français est la plus importante production d’huître en Europe. Voici quelques données de production pour faire un état des lieux pour l’espèce Crassotrea gigas, l’huître principalement cultivée en France. Voici quelques chiffres en tonnes de la production d’huître en France et de son évolution, région par région. A travers ces […]

  • La nutrition de l’huître

    par on 06/07/2015 - 0 Commentaires

    Présentation de la fonction de nutrition de l’huître et du parcours des nutriments dans le tube digestif. Les huîtres mangent comme elles respirent Les Huîtres sont des organismes pouvant filtrer de 5 à 16L d’eau par heure en régime normal. Elles créent, grâce aux cils de leur cavité palléale* un courant d’eau assez faible (de […]

  • L'huître en question

    L’huître en questions

    par on 15/07/2015 - 2 Commentaires

    Un livre foisonnant qui, avec les acteurs majeurs de l’ostréiculture actuelle, dresse un panorama du métier et de ses controverses. Ce n’est pas mon habitude de parler ici de livres sur les huîtres tant ils se ressemblent tous. Voici pourtant un livre qui, je pense, fera date pour l’ostréiculture. L’ostréiculture est actuellement à la croisée […]

  • Comprendre les marées

    par on 06/07/2015 - 0 Commentaires

    Les marées sont une composante fondamentale de régulation de la vie sur l’estran. Voici quelques explications pour mieux comprendre le phénomène. Les marées sont un phénomène beaucoup plus complexe qu’on ne le pense généralement. Elles dépendent très fortement du lieu où on se trouve et contrairement aux idées reçues ne sont pas totalement périodiques : différences […]

  • Présentation des huîtres triploïdes

    par on 06/07/2015 - 3 Commentaires

    On en parle peu et pourtant elles sont là. Il est temps de faire le point sur ce nouvel ovni de la consommation. Le cas des huîtres triploïdes est représentatif des interrogations qui entourent ces nouveaux produits de consommation, entre refus viscéral et accueil silencieux. La genèse du projet Les huîtres triploïdes françaises sont en […]

Publicité

Catégories