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Évolution et caractérisation des importations et exportations d’huîtres en France

Economie, Ostréiculture 27/10/2015

L’huître est traditionnellement un produit qui voyage peu à cause notamment des problèmes de logistique pour les conserver vivantes pendant le transport. Voici cependant un aperçu de l’évolution des importations et des exportations en frais ainsi qu’un classement des principaux pays acteurs de ce commerce vu de France. Continuer la lecture …

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Évolution des prix de vente au détail des huîtres et des moules

Mytiliculture, Ostréiculture 16/09/2015

L’INSEE suit les prix de vente d’un grand nombre de produits de consommation et propose donc des données pour l’huître creuse et la moule. Voyons ces données d’un peu plus près.

Comment ces données ont-elles été récoltées ?

Les données de vente au détail de l’INSEE proviennent de relevés de prix effectués dans 96 agglomérations de plus de 2000 habitants et sur 27000 points de vente, de manière à prendre en compte les différents type de vente et à avoir une moyenne nationale. Le nombre de données doit cependant être beaucoup plus faible pour les huîtres et les moules qui ne sont pas présentes dans l’ensemble des points de vente étudiés.

Quelles sont les évolutions des prix de vente au détail ?

La première chose qui saute aux yeux est la rapide augmentation des prix de détail des huîtres fin 2010 qui s’est poursuivi en 2011. Il s’agit probablement de la répercussion des mortalités massives de 2008 qui se sont traduites par des baisses de production, c’est à cette période qu’on a parlé de pénurie d’huîtres dans la presse. À noter que depuis deux ans les prix des huîtres creuses n’évoluent presque plus. Pour les moules, les variations sont plus modestes avec une petite augmentation au cours des années 2002-2003 suivi par une longue période de prix stables et une seconde légère augmentation ces dernières années.

D'après les données de L'INSEE

Évolution mensuelle des prix de vente au détail des huîtres creuses et des moules depuis 1998. Réalisé avec les données de L’INSEE.

Si on compare ces séries à l’indice des prix à la consommation de la France métropolitaine pour les aliments frais, il apparaît que depuis 1998, les prix des moules et des huîtres à la vente au détail ont évolué plus rapidement que le reste des aliments frais. La différence s’est créée lors de l’augmentation de 2002-2003, plus forte alors pour les moules que pour les huîtres. Pour les huîtres, l’augmentation depuis le début de l’année 2010 atteint un peu plus de 50 %.

Comparaison entre les différents indices de prix (base 100 en 1998) pour les aliments frais, les huîtres creuses et les moules.

Comparaison entre les différents indices de prix (base 100 en 1998) pour les aliments frais, les huîtres creuses et les moules.

Il reste maintenant à savoir quelles sont les parts de la production, du transport, de l’expédition et de la commercialisation dans la formation de ces prix . Ceci fera l’objet d’un autre article.

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Économie de l’huître en France et dans le monde

Ostréiculture 06/07/2015

Peu médiatisé, le secteur ostréicole français est la plus importante production d’huître en Europe. Voici quelques données de production pour faire un état des lieux pour l’espèce Crassotrea gigas, l’huître principalement cultivée en France.

Evolution de la production française

AnnéesProduction (en t)Chiffres d’affaire (en M€)
1992

134300252
1993148500274
1994147000255
1995152100215
1996151600232
1997139700221
1998138500237
1999139000229
2000135500230
2001128500238
2002126500
2003128000
2004127000
2005128500
2006126000
2007
2008113215
2009112677
201084100
2011
201281020
201379250
Sources : Ifremer, CNC, FranceAgrimer.

Voici quelques chiffres en tonnes de la production d’huître en France et de son évolution, région par région.

La production ostréicole région par région

 En 1986En 1993En 2002En 2010
Total10480014400012650082800
CRC Normandie10200300002700016200
CRC Bretagne-Nord6200150001600019000
CRC Bretagne-Sud1060015000200006000
CRC Pays de la Loire1900025000180007000
CRC Marennes-Oléron40000350002500020000
CRC Arcachon - Aquitaine1100014000100007000
CRC Méditerranée780010000105007600
Les chiffres fournis proviennent du CNC (Comité National de la Conchyliculture).

A travers ces chiffres, on peut observer la forte baisse de la production nationale en 2010, à cause des mortalités de juvéniles qui ont commencées en 2008. Depuis 1986, on observe une baisse constante de la production du bassin de Marennes-Oléron au profit de la Normandie et de la Bretagne Nord.

Les importations et les exportations

La production ostréicole française reste majoritairement destinée à la consommation intérieure. Ainsi, en 2010, seules 9388 t d’huîtres ont été exportées de France, principalement à destination de l’Italie (5367 t). Du côté des importations, 6262 t ont été importées, principalement d’Irlande (4307 t) [1].

La production mondiale

La production mondiale d’huîtres creuses de l’espèce Crassostrea gigas est estimée à 660 000 tonnes en 2010 (source FAO). Ces chiffres excluent la Chine, grand pays producteur d’huître pour lequel les espèces ne sont pas différenciées. La production des USA est également partagée entre plusieurs espèces comme l’huître américaine, Crassostrea virginica.

Répartition par pays de la production mondiale d’huîtres creuses, Crassostrea gigas, en 2010.

Répartition par pays de la production mondiale d’huîtres creuses, Crassostrea gigas, en 2010.

Ainsi, Chine exclue, la France est le troisième pays producteur d’huître creuse de l’espèce Crassostrea gigas, après le Japon et la Corée du Sud.

[1Source FranceAgrimer, p. 70

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2014, l’année de tous les records pour les pathogènes en conchyliculture

Actualités, Ecologie de l'huître, Mytiliculture, Ostréiculture 27/08/2014

Alors que l’été 2014 s’annonce comme une année record pour le captage dans plusieurs bassins, notamment à Arcachon, à Bourgneuf et en rade de Brest, un article de la Nouvelle République vient rappeler que sur le plan épidémiologique, trois pathogènes déciment actuellement les cheptels conchylicoles. Retour sur cette situation inédite.

Depuis au minimum 2008, il y a donc l’herpès virus ou plus exactement un variant des souches connues jusque là, qui s’attaque chaque année aux juvéniles de l’huître creuse. Il cause des mortalités très importantes, pouvant frôler les 100% chez cette classe d’âge dès que l’eau se réchauffe et dépasse le seuil de 16°C [1].

En 2013 et en 2014, les cheptels d’huîtres adultes ont également été touché par des mortalités importantes. Cette fois, c’est une bactérie, Vibrio esturianus, elle aussi bien connue des pathologistes, qui semble être en cause. Ces mortalités sur les huîtres adultes ne sont pas nouvelles puisqu’en 2007 se tenait déjà à Marennes-Oléron des réunions de crise sur ce sujet. Ce qui est nouveau depuis 2013, c’est la très faible résistance des huîtres triploïdes face à ces mortalités. Une faiblesse nouvelle qui laisse perplexe.

Et depuis le printemps 2014, une autre bactérie sème la panique parmi les mytiliculteurs. Il s’agit de Vibrio spendidus, un pathogène également courant en aquaculture. Cette bactérie a en effet été retrouvée par l’Ifremer associée aux mortalités fulgurantes des moules au nord de l’ïle de Ré. Malgré les hypothèses diverses sur la pollution et les conditions climatiques particulières, c’est bien là encore la perplexité qui domine sur les causes de l’émergence, avec une telle virulence, de cette bactérie.

Pour compléter ce panorama, il existe un bruit de fond de différentes observations de mortalités sur les tellines ou les coquilles saint-jacques mais avec beaucoup plus de difficultés pour en évaluer l’ampleur. Par exemple, dans l’étang de Thau, les conchyliculteur s’inquiètaient, fin juin, des mortalités importantes sur les moules, les huîtres mais aussi les palourdes selon le Marin.

Une telle situation, avec trois épizooties en cours dans le milieu naturel, épizooties qui touchent de larges pans de l’activité conchylicole, est complètement inédite pour la conchyliculture française. Les mortalités des stocks adultes constituent une véritable menace pour la pérennité des entreprises, bien plus grave que les mortalités des juvéniles qu’elles ont su compenser.

Face à la détresse des professionnels du secteur, combien d’épizooties faudra-t-il encore pour que les conditions d’émergence de ces pathogènes soient clarifiées ?

[1Petton, B. ; Pernet, F. ; Robert, R. & Boudry, P. Temperature influence on pathogen transmission and subsequent mortalities in juvenile Pacific oysters Crassostrea gigas Aquaculture Environment Interactions, 2013, 3, 257-273

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Xynthia, de gros dégâts pour une petite tempête

Actualités, Ostréiculture 24/03/2013

La tempête Xynthia qui a balayée les côtes atlantiques françaises dans la nuit du 27 au 28 février 2010 n’avait rien d’exceptionnel par sa force. Pourtant, elle laisse un souvenir amère dans les communes dévastées par la montée des eaux : explications.

Pendant Xynthia, les vents enregistrés (160 km/h au phare des Baleine, sur l’île de Ré, 133 hm/h à La Rochelle) n’ont eut que peu d’effets directs. Les dégats ont été surtout provoqués par la forte montée des eaux. Cette montée des eaux provient, comme nous allons le voir, de la conjonction de différents phénomènes physiques assez courants.

Rue du bois vert, Fouras (France) après le passage de la tempête Xynthia, par Julien.prineau (Travail Personnel) [Domaine publique], via Wikimedia Commons

Tout d’abord les dépressions provoquent toujours un phénomène de surcôte dû à la faible pression atmosphérique qui, en quelque sorte, facilite la montée des eaux.

Ensuite, le passage de la tempête a coïncidé quasiment parfaitement avec la haute mer. Regardez cette illustration du phénomène réalisée par l’Ifremer. D’autres part le coefficient de marée était de 102 ce matin là, soit une hauteur d’eau attendue de 6m49 au marégraphe de La Pallice. Mais la hauteur d’eau atteinte fût tout de même de 8m01 à ce même marégraphe, soit une surcôte de 1m53 qui ne peut s’expliquer uniquement par la faible pression atmosphérique.

C’est là que les choses se compliquent car d’après les chercheurs de l’université de La Rochelle qui ont analysé le phénomène, le champ de vent de sud-ouest, perpendiculaire à la côte, a également créé un bourrelet d’eau le long du littoral. C’est la surcôte due au vent. Par ailleurs, la mer était fortement agité lors de la tempête et des vagues sont venues s’ajouter aux autres phénomènes, ce qui a augmenté encore un peu plus la hauteur de la marée. C’est la surcôte due aux vagues.

Pour résumer, c’est la conjonction de quatre phénomènes qui a provoqué la surcôte :

  • une tempête de faible pression (autour de 980hPa) ;
  • un fort coefficient de marée (102) ;
  • des vents perpendiculaires à la côtes ;
  • une concomitance entre le passage de la tempête et la haute mer. On peut remarquer que l’ensemble de ces phénomènes, prit séparément ne sont pas rares, pour Xynthia c’est bien la concomitance de tous ces éléments qui crée un événement unique sur plus de 100 ans de recul.

Référence :
Cet article est fortement inspiré de l’article scientifique, Caractérisation des niveaux marins et modélisations des surcôtes pendant la tempête Xynthia par Lucia Pineau-Guillou, Cyril Lathuilière, Rudy Magne, Stéphanie Louazel, David Corman et Céline Perherin

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L’élevage en claires à Marenne-Oléron : une tradition ancestrale

Histoire de l'ostréiculture, Ostréiculture 24/01/2013

Petite histoire de l’invention des claires dans l’ostréiculture.

Une origine ancienne

Contrairement à ce que l’on pourrait penser de prime abord, les claires furent inventées avant l’ostréiculture. Pour la naissance de l’ostréiculture, cette histoire vous est contée ici. Si l’on ne sait pas très bien si des claires existaient au temps des romains, ces insatiables mangeurs d’huîtres, elles étaient présentes à la renaissance lorsqu’il fallut contenter le grand nombre d’amateurs d’huîtres d’alors.

Où l’on parle déjà d’affinage et d’huîtres vertes

La tradition de stockage en claires à Marennes-Oléron semble prendre son essor avec Charles de la Chapeleine et l’aménagement par ce dernier de la rive gauche de la Seudre. Ce ne fut sûrement que peu à peu que l’affinage apparu. Mais là encore, l’affinage existait bien avant l’élevage comme en témoigne les nombreuses allusions faites aux huîtres vertes de Marennes dans la littérature. Si l’élevage n’existait pas au sens où nous l’entendons aujourd’hui, il se pratiquait ce que nous appelons aujourd’hui de la pousse en claires. Voici ce que nous en rapporte V. Coste en 1855 dans son Voyage d’exploration sur le littoral de la France et de l’Italie :

« Il faut deux ans de séjours dans les claires pour qu’une huître âgée de douze à quinze mois au moment où on l’y dépose atteigne une grandeur convenable : il en faut trois et même quatre pour lui donner le degré de perfection qui caractérise les meilleurs produits de Marennes. Mais la plupart de celles qui sortent de cette espèce de manufacture sont, malheureusement pour l’industrie et pour la consommation, loin d’avoir ces qualités exquises. Placées adultes dans les réservoirs, elles verdissent en quelques jours, et la spéculation, abusant d’une propriété qui augmente la valeur mercantile de ses produits, les porte sur le marché, sans avoir pris la peine de leur donner les soins qu’exige une éducation prolongée. »

Marais de Boyardville vus du ciel, un exemple de construction de claires dans l’île d’Oléron.

Marais de Boyardville vus du ciel, un exemple de construction de claires dans l’île d’Oléron.

Les huîtres vertes semblent à cette époque assez courantes et bien que le processus du verdissement ne soit pas bien compris, on apprécie particulièrement ces huîtres affinées en claires. Des huîtres vertes de Marennes furent même servies à la table de Louis XIV, non sans de multiples suspicions sur leur couleur peu commune.

Le processus de création des claires

L’établissement de ces claires fut la source de nombreux conflits entre riverains puisque leur construction permettait de gagner sur la mer. C’est de cette manière que certains chenaux en arrivèrent à être obstruer par des édifications « sauvages », réalisées en dépit de tout bon sens. En 1738, on comptait déjà 7 000 claires sur la rive gauche de la Seudre. Voici racontée par un négociant de Marennes, M. Robert, cité par V. Coste, la méthode employée pour créer de nouvelles claires :

« Le moyen qu’ils emploient pour cela est fort simple et fort ingénieux : ils coupent des bandes de gazon, les transportent au moyen d’embarcations sur les lieux qu’ils ont choisi ; puis, à mer basse, ils les arrangent de manière à former de petites digues. Or on sait que les eaux de la Seudre charrient du limon, et cela en si grande quantité, que chaque marée en dépose plusieurs millimètres d’épaisseur sur le terrain qu’elle couvre. […] Retenu ici par les gazons, il se précipite, reste sur place, et le terrain s’exhausse assez en peu de temps pour recevoir des huîtres. C’est ainsi que l’on a vu surgir des terres là où, quelques temps avant, il y avait plusieurs pieds d’eau. »

Même si de nos jours les pelles mécaniques ont remplacé les nombreux ouvriers qui étaient nécessaires à l’entretien des claires, le processus de verdissement des huîtres reste rigoureusement le même : laisser faire la nature…

Références
– Industrie de Marennes dans Voyage d’exploration sur le littoral de la France et de l’Italie de Victor Coste
–  p 37-41 de Saintonge pays des huîtres vertes de Michel Grelon

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La naissance de l’ostréiculture en France

Histoire de l'ostréiculture 06/07/2011

Le développement de l’ostréiculture en France eu lieu en France dans des conditions particulières.

La menace de pénurie d’huîtres

 

Naissain d'huîtres plates

Cette gravure de Victor Coste montre les diverses étapes du développement des huîtres plates. A cette époque seules celles-ci existent sur les côtes françaises.

Depuis les romains chez lesquels elle est hautement considérée, l’huître n’a pas perdu sa réputation. Avec la renaissance, sa renommée va encore s’accroître. La facilité de son exploitation va très tôt en faire un produit menacé. Et ceci se comprend car on l’exploite de toutes les manières possibles : à la drague, au râteau, à pied … Les huîtres ramassés sur les bancs naturels sont simplement vendues directement ou parfois stockées dans des claires pour faire face aux variations de la demande et les rendre meilleure.

Au XVIIe siècle, les bancs sont considérés comme inépuisables comme le montre l’ordonnance de R.J. Valin de 1681. C’est ainsi que dès la seconde moitié du XVIIIe les réglementations s’accumulent : interdiction totale de pêche, limitation des moyens ou limitation dans le temps. Mais si ces règlements permettent d’empêcher la disparition des huîtres, ils ne permettent pas aux bancs naturels de se reconstituer durablement. La situation va véritablement devenir préoccupante lorsqu’au XIXe siècle le commerce de l’huître, grâce au chemin de fer, connaît un essor spectaculaire. Les huîtres, en vogue à l’époque dans la haute société (déjeuners d’huîtres), finissent par se faire rares et la pénurie menace certaines régions. Il devient peu à peu évident que ce type d’exploitation des bancs naturels ne peut se perpétuer indéfiniment.

L’inspiration étrangère

Fagots collecteurs de naissain d’huître plate. Il s’agit des installations du lac de Fusaro, en Italie, qui inspirèrent Victor Coste pour ses propres essais.

C’est à la suite d’un rapport alarmiste du ministère de l’agriculture et du commerce que Napoléon III nomma V. Coste à la tête des recherches sur l’huître. La solution résidait pour Coste qui avait déjà effectué des recherches en pisciculture, sur le contrôle de bout en bout du cycle d’élevage de l’huître et notamment de son captage. Il partit donc pour l’Italie où se perpétuait la culture de bancs artificiels d’huîtres dans le lac Fusaro. Ce voyage lui permit de passer en revue en France et en Italie les méthodes d’élevage des huîtres et des moules. Coste observa au lac Fusaro avec intérêt les fagots qui servaient à capter le naissain d’huîtres. Pour Coste, ces observations constituent une première approche expérimentale du captage des larves d’huîtres que viennent étayer ses connaissances de la biologie de la reproduction des huîtres. Toutes ces observations seront minutieusement rapportées et publiées en 1855 avec la première édition de “Voyage d’exploration sur le littoral de la France et de L’Italie”. Un appendice y sera ensuite ajouté où Coste décrit divers “appareils propres à recueillir le naissain des huîtres”.

Voici comment Victor Coste y décrit ce que nous appelons aujourd’hui les collecteurs : “Les jeunes huîtres, en abandonnant les valves de la mère, errent çà et là au sein des eaux, et semblent y chercher des conditions propres à faciliter leur adhérence et leur développement ultérieur, c’est à dire des corps solides, offrant des surfaces légèrement rugueuse et à l’abri de l’envahissement des vases.”.

Les premiers essais

Ferdinand De Bon

Plancher collecteur de Ferdinand de Bon

Plancher collecteur de Ferdinand de Bon : ce plancher décrit par Victor Coste fût imaginé par F. de Bon pour recueillir le naissain d’huître plate.

Ferdinand de Bon, chef de service de la marine à Saint-Servan, fait figure de précurseur lorsqu’en 1853 il tenta de repeupler les bancs de Saint-Servan. Sa méthode de captage est différente : il fait poser un plancher à 15cm du sol constitué d’éléments séparés et destiné à permettre la fixation des larves. Coste a visité ses installations et le félicitera pour l’avance de ce projet sur son temps. On peut retrouver les croquis des installations de De Bon dans l’appendice sur les collecteurs du livre de Coste.

Victor Coste

Victor Coste va les années suivantes beaucoup s’impliquer dans le développement de ce qui sera appelé plus tard l’ostréiculture. Pour lui il est urgent de repeupler les bancs naturels généralement dévastés par les dragues. Il finira par en convaincre l’empereur qui lui donnera d’importants moyens. En 1858, l’expérience débute dans la baie de Saint Brieuc, baie dont le peuplement d’huître a particulièrement été mis à mal. La méthode de repeuplement de Coste est la suivante : il délimite de nouveaux bancs artificiels, encore vierges d’huîtres, qu’il recouvre de coquilles sèches. Ces squelettes de bancs sont complétés par des fagots de branchage mis en suspension dans l’eau et destinés à la récolte du naissain. Les huîtres, elles, sont importées de Cancale et de Tréguier par deux navires : l’Ariel et l’Antilope puis semées sur les bancs. L’expérience est réussie : six mois plus tard des quantités impressionnantes de petites huîtres sont observées sur les fagots.

Les débuts ne furent pourtant pas aussi simples. Coste qui voulait repeupler l’ensemble des côtes françaises, se heurta lorsqu’il étendit son expérience les années suivantes à d’autres régions, aux aléas climatiques ou même au pillage des installations.

Jean Michelet

Cet état des lieux des pionniers de l’ostréiculture ne saurait être complet sans mentionner la trouvaille fort utile d’un maçon arcachonnais, Jean Michelet en 1865. Il propose en effet d récolter le naissain d’huîtres grâce à une tuile chaulée. Cette amélioration permet de récolter les huîtres plus facilement et fut un déclencheur de l’ostréiculture arcachonnaise.
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Le développement d’une industrie ostréicole

L’essentiel était donc fait et peu à peu, sous les efforts redoublés de Coste et de nombreux pêcheurs locaux, les techniques s’affinent et les demandes de concession se multiplient. En 1860 on dénombre 2000 parcs sur l’île de Ré ainsi que 112 concessionnaires pour 400 ha à Arcachon. Même si ces exploitations arcachonnaises péricliteront, on y retrouvera tout de même 287 parcs en activité en 1866 puis 4015 en 1887.

Détrocage des huîtres au début du 20ème siècle

Détrocage des huîtres au début du 20ème siècle dans les établissements Baudrier et Tricart, un ancien établissement ostréicole de Marennes-Oléron.

L’ostréiculture pu se développer sur ces bases et être une source de revenu solide pour les populations côtières. L’industrie naissante fut stimulée par l’arrivée de la portugaise vers 1870 qui gagna d’abord le bassin d’Arcachon puis remonta jusqu’en Vendée mais s’arrêta aux portes de la Bretagne. Ainsi naquit l’industrie ostréicole. Cette évolution présente un des premier processus où l’homme fut contraint de changer ses méthodes d’exploitation d’une espèce afin de la préserver. On y voit un exemple de transition d’une gestion par le sabordage des ressources vers l’exploitation durable de cette ressource. Toutes ces adaptations finirent, en 1877, par faire entrer le terme ostréiculture dans le dictionnaire de Littré.

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Les épizooties historiques de l’huître en France

Histoire de l'ostréiculture, Ostréiculture 06/07/2011

La culture de l’huître en France fût marquée par différentes crises de mortalité qui poussèrent les ostréiculteurs à modifier plusieurs fois l’espèce d’huître cultivée.

L’épizootie de 1920 sur l’huître plate

Ce premier épisode de mortalité commença au cours de l’été 1920, ces mortalités touchèrent les côtes de France de Hollande et d’Angleterre ([1. Dollfus Robert Ph. (1921). Résumé de nos principales connaissances pratiques sur les maladies et les ennemis de l’huître. Notes et mémoires, 7, 51 p.]). La maladie se traduisait par une difficulté pour les huîtres à se fermer. Dollfus note également que les huîtres qui n’avait poussé qu’en claire n’ont pas été touchées.

D’après Michel Grelon ([2. M. Grelon (1978). Saintonge Pays des huîtres vertes. Ed. Rupella. 364 p.]), la crève dépassait souvent le taux de 90%. C’est cette première épizootie qui marqua le début du déclin de la production d’huîtres plates au profit de la portugaise.

L’épizootie de 1970 – 1973 sur l’huître portugaise

L’huître portugaise, Crassostrea Angulata, cultivée sur les côtes françaises à cette époque, déjà affaiblie par la maladie des branchies devait connaître une nouvelle attaque en août 1970. C’est dans le bassin de Marennes-Oléron que se déclencha cette nouvelle épizootie, qui attaqua tout d’abord les huîtres adultes puis un peu plus tard les huîtres de un an et enfin le naissain. En trois ans l’huître portugaise fut quasiment éradiquée des côtes françaises : on dénombra jusqu’à 90% de mortalité dans les parcs dès novembre 1970. Parallèlement, on s’aperçut que l’huître japonaise Crassostrea Gigas, introduite en 1966 par des ostréiculteurs novateurs, mais non sans âpres discussions et polémiques, était résistante à cette nouvelle maladie. Cette espèce avait pourtant trouvée le succès parmi les ostréiculteurs puisque les importations étaient passées de 800 kg en 1967 à 62 tonnes en 1969. Les ostréiculteurs ne voulaient pourtant pas devenir dépendants de l’importation d’huîtres étrangères tant la véritable richesse du bassin résidait dans le naissain qu’il fournissait.

L’état de crise était déclenché pour le bassin de Marennes-Oléron dont le sort se jouait là. Le 25 avril 1971 eut lieu à la Tremblade une réunion extraordinaire où l’on décida d’importer de grandes quantités de Gigas en vue du repeuplement du bassin. Aussitôt dit, aussitôt fait, des huîtres mères en provenance du Canada furent acheminées par avion et mises à l’eau avant l’été dans le but de réensemencer le bassin avec du nouveau naissain.

Au début de l’été de nombreuses larves furent repérées. L’effort de réensemencement fut poursuivi les années suivantes mais cette opération “Résur” fut un succès sur toute la ligne. L’huître japonaise, en devenant l’huître creuse, se substitua à la portugaise en promettant d’autres années heureuses pour les ostréiculteurs du bassin de Marennes-Oléron.

Les épizooties de 1968 – 1979 sur l’huître plate

Pour la production de l’huître plate, le coup de grâce viendra de deux parasites nommés Marteilla et Bonamia du nom de leurs découvreurs.

Lien entre production et épizooties

Évolution de la production d’huîtres en France en lien avec les épizooties.

Évolution de la production d’huîtres en France en lien avec les épizooties.

Au final, comme le montre ce graphique, c’est l’ensemble de la production française qui fluctue au grès des épizooties. Ceci se traduit par le passage de l’élevage d’une espèce à l’autre au fil de ces aléas, avec par ordre de dominance, tout d’abord l’huître plate Ostrea edulis puis l’huître portugaise, Crassostrea angulata et maintenant l’huître japonaise, Crassostrea gigas.

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Ostréiculteur, un métier en phase avec le milieu

Ostréiculture 06/07/2011

Cet article donne un petit aperçu du métier d’ostréiculteur, un métier que l’on peut qualifier sans se tromper de métier au grand air ! Pour les plus déterminés, une série de liens sur la formation nécessaire au métier d’ostréiculteur clos cette présentation.

Un métier pas comme les autres

Le beau temps n’est pas toujours de la partie, comme lors de cette photo, prise en été près d'Oléron

Le beau temps n’est pas toujours de la partie, comme lors de cette photo, prise en été près d’Oléron (© Ostrea.org)

Pour tout ce qui est du travail en mer, les ostréiculteurs sont à la merci des caprices climatiques. Même si cette photo a été prise début juillet 2003 (si, si), on est loin des clichés qui font parfois passer l’ostréiculture pour un travail de plein air agréable. En effet, l’ostréiculteur établi souvent son emploi du temps en fonction du dernier bulletin de météo marine. C’est donc un homme au plus proche du milieu marin, tributaire des aléas de la météo.

La marée limite fortement le temps de travail sur les parcs, il ne faut pas avoir peur de travailler dans l’eau.

La marée limite fortement le temps de travail sur les parcs, il ne faut pas avoir peur de travailler dans l’eau (© Ostrea.org).

 

 

L’autre composante essentielle du rythme ostréicole c’est les marées. Elles seules permettent l’exploitation des concessions maritimes. L’ostréiculteur est donc obligé de suivre leur rythme ce qui donne un emploi du temps chaque jour différent. Il travaille à l’établissement dans les périodes de mortes-eaux (coefficients de marée trop faible) et se rend sur les parcs à huîtres pendant les périodes de vives-eaux (malines). Il ne peut alors travailler sur les parcs que quelques heures (avant et après la basse mer) si la baissance est assez forte. Certains travaillent aussi avec les marées de nuit, souvent en plus des marées de jour. Voilà pourquoi l’annuaire des marées est un des outils les plus précieux de l’ostréiculteur.

Pour mieux comprendre le mécanisme des marées vous pouvez visiter la page sur les marées.

Un métier en rythme avec les saisons

Contrairement aux idées reçues, l’ostréiculture est un métier qui se poursuit tout au long de l’année.

Voici quelques éléments sur les différentes activités de l’ostréiculteur au cours d’une année pour une méthode d’élevage traditionnelle, c’est à dire avec détroquage. Il existe maintenant d’autres techniques avec l’exploitation des grattis ou à partir d’huîtres achetées en écloseries, une à une.

Janvier – Mars : la préparation
C’est le détroquage des huîtres et la mise en poche pour finir la pousse avant la vente en automne. Les huîtres mises en poches proviennent des parcs à plats ou directement des collecteurs.

Avril – Mai : dédoubler les collecteurs
C’est donner plus d’espace aux collecteurs d’un an pour faciliter la croissance des petites huîtres.

Juin : Descendre les poches
Dans le bassin de Marennes-Oléron, les poches d’huîtres sont transférées dans des parcs meilleurs (plus bas) après la fin du captage des moules. Sans cela, les installations ostréicoles seraient recouvertes de moules.

Juillet – Août : Mise en place des collecteurs
Pour le captage des petites huîtres, des collecteurs sont mis à l’eau en vives-eaux. Il faut également continuer à s’occuper des autres huîtres en élevage (18 mois et futures huîtres marchandes).

Septembre : Tourner les poches
Pour harmoniser la croissance des huîtres, les poches plastiques d’huîtres sont retournées fréquemment. Sans cela, les huîtres se prennent dans les mailles plastiques ou poussent tout en longueur.

Octobre – Décembre : La vente
Les huîtres sont calibrées avec précision, stockées en claires, emballées puis expédiées pendant les fêtes pour la plupart. En décembre, pendant les fêtes de fin d’année, on estime que près de 75% des ventes sont réalisées.

Les expérimentations en eau profonde à Marennes-Oléron

La culture en eau profonde a, à première vue, beaucoup d’attraits, notamment par le rendement. Toutefois, à l’expérimentation, elle révèle aussi de nombreux défauts. Les premiers résultent d’une mauvaise connaissance des fonds marins. De forts courants ou des dépôts de vases peuvent apparaître après semis. Les pertes sont alors énormes.
Le second lot de défauts vient de l’inaptitude de C. gigas à être élevée en eau profonde. Inaptitude marquée par l’apparition de chambres et le développement d’un vers, le Polydora, qui perce des galeries dans la coquille de l’huître. La qualité des huîtres est alors considérablement altérée. S’il est possible de produire des huîtres d’eau profonde en assez grande quantité, leur qualité reste donc en deçà des cultures plus traditionnelles.

La formation

Si le bref aperçu fait ici du métier d’ostréiculteur vous tente ou si c’est votre rêve depuis tout petit, voici quelques liens pour trouver une école qui vous prépare à ce métier. En effet, aujourd’hui un diplôme est obligatoire pour pouvoir se mettre à son compte dans l’ostréiculture. Toutefois, il est possible de suivre une formation alternée lorsqu’on possède déjà de l’expérience.

Voici quelques liens vers des lycées qui assurent ces formations dans différentes régions :

Il faut aussi rappeler que les nombreuses particularités de ce métier le rendent difficile à exercer pour les personnes qui ne connaissent pas ce milieu. Bien souvent ce sont en effet des fils d’ostréiculteurs ou des employés ostréicoles qui reprennent les entreprises.

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