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REPHY : les yeux de l’Ifremer

REPHY est le REseau (français) de surveillance du PHYtoplancton et des phycotoxines mis en place par l’Ifremer en 1984. Zoom sur un des programmes les plus importants de collecte de données dans le domaine marin en France.

Comment « la machine REPHY » fonctionne-t-elle ?

Deux fois par mois et pour au moins 29 sites différents en France, les techniciens du REPHY prennent place derrière leurs microscopes et notent avec soin les espèces de phytoplancton qui sont présentes à ce moment là. Au total c’est 246 espèces de la taille de la tête d’une épingle qui sont traquées au sein des échantillons collectés durant les sorties en mer. La méthode employée permet de détecter une espèce lorsqu’elle atteint une abondance de 100 cellules par litre d’eau de mer [1].

Quelles sont les missions de ce réseau ?

Cette collecte intense de données poursuit deux buts essentiels : la veille sanitaire à l’encontre des espèces toxiques pour le consommateur de fruit de mer ou des espèces nuisibles pour l’environnement et une volonté de compréhension des dynamiques globales du compartiment phytoplanctonique.

Quel intérêt pour l’ostréiculture ?

En tant que bivalve filtreur, l’huître tire une grande partie de sa nourriture des ressources en phytoplancton. Si les dosages de chlorophylle - le capteur de l’énergie lumineuse chez les plantes - donnent une idée de la quantité globale de phytoplancton présente dans le milieu, les données collectées par le REPHY permettent de quantifier les importances des différentes espèces qui compose cette communauté. L’information apportée par le REPHY, largement plus détaillée, permet des études au niveau de l’écosystème de l’huître dans son entier.

Quelles sont les perspectives d’utilisation d’une telle base de données ?

Les utilisations possibles des données du REPHY sont multiples mais ces données s’avèrent essentielles dans la compréhension des dynamiques générales du compartiment phytoplanctonique de l’écosystème conchylicole.

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La dominance d’une espèce correspond au pourcentage d’individu de cette espèce par rapport au nombre total d’individus présent dans l’échantillon.

Par exemple, pour le bassin d’Arcachon, près d’un tiers du nombre des cellules comptabilisées par le REPHY entre 1987 et 2005 correspondent à l’espèce Asterionella glacialis. Cette espèce a donc un rôle essentiel au sein du phytoplancton, on dit qu’elle est structurante. La figure ci dessus nous apprend par ailleurs que A. glacialis présente une préférence pour les eaux froides et salées : elle est la plus abondante lors des hivers secs. Des analyses plus poussées en laboratoire sont prévues pour tenter d’en savoir plus sur les différentes « qualité gustatives » de ces microalgues pour l’huitre. L’utilisation de modèle sur ces données (voir l’article sur la modélisation) permet en ce sens de se faire une idée sur les qualités nutritives pour l’huître de ces différentes algues [2].

C’est là un des nombreux exemples de ce que peut apporter le fastidieux comptage des espèces de phytoplancton réalisé par ce réseau de l’Ifremer.

[1] Site de l’Ifremer : http://www.ifremer.fr/depot/del/infotox/

[2] Application d’un modèle DEB de croissance et de reproduction de l’huître creuse, Crassostrea gigas, dans le bassin d’Arcachon : identification des sources de nourriture potentielles. Ismaël Bernard, 2006. Rapport de stage de master 1


Article écrit le 15 août 2006 par ismael et lu 3334 fois



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